Au galop : Les deux côtés de la médaille

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Photo Archives VIVA média

Le Festival Saint-Lazare au galop a connu un grand succès pour sa première édition en août dernier. Cependant, si l’événement a attiré plus de 10 000 personnes sur le site, il se trouve plusieurs résidents pour sourciller devant le coût du festival.

C’est le cas de Marc-André Esculier, qui vit à Saint-Lazare depuis plus de 36 ans. Bien qu’il ait pris part aux festivités avec sa petite-fille et qu’il ait apprécié l’événement, il n’a pu s’empêcher de réagir en remarquant les coûts du festival lors des séances municipales de la ville, auxquelles il assiste régulièrement.

Ayant rempli une demande d’accès à l’information, le citoyen engagé a obtenu une copie de toutes les dépenses reliées à l’événement. « Le coût total s’élève à 585 000 $, auquel nous déduisons 40 000 $ de revenus enregistrés pour la Ville lors du festival. Pourtant, le maire et le conseil affirment que le festival a coûté un peu plus de 300 000 $ », indique Marc-André Esculier.

De ce montant, 454 000 $ sont inscrits comme étant des dépenses spécifiques reliées à la tenue de l’événement, dont 5300 $ pour la planification stratégique, 306 000 $ pour l’événement (dont plus de 28 000 $ dépensés pour la venue de la Gendarmerie royale du Canada), et 142 500 $ destinés aux ressources humaines.

La Ville a également procédé à des investissements permanents dont les coûts s’élèvent à plus de 131 000 $, dont 71 000 $ pour l’aménagement d’un parc équestre permanent, 24 000 $ pour les aménagements aux abords de la rue Poirier, 16 500 $ pour les aménagements au parc Bédard et 19 000 $ pour les clôtures pour chevaux et les supports à vélo.

« Tous ces coûts pour un événement qui, à la base, était budgété à 180 000 $. Les citoyens ont le droit de connaître les vrais chiffres », martèle Marc-André Esculier, qui questionne par le fait même la transparence du conseil.

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Le maire Robert Grimaudo. Photo Yanick Michaud

Des investissements à long terme

Pour sa part, le maire de Saint-Lazare, Robert Grimaudo, maintient que le coût de l’événement est de 306 000 $. « Oui, le festival a coûté plus cher que prévu, car en cours de route, de nouvelles idées se sont ajoutées au projet et le conseil les a acceptées en toute connaissance de cause. Mais cette somme, nous l’avons puisé dans les surplus que la Ville a faits dans les années antérieures », indique le maire.

Relais pour la vie

Quant aux coûts d’infrastructures et de ressources humaines, le conseil municipal ne les a pas inclus dans le coût du festival. « Le parc équestre permanent sera utilisé pour toutes sortes d’événements. Blainville a annoncé la fermeture de son parc équestre et déjà, nous recevons des appels pour louer le nouveau parc. C’est une infrastructure qui rapportera beaucoup d’argent à la ville », insiste Robert Grimaudo, et d’ajouter : «En ce qui a trait aux ressources humaines, ce sont des coûts que la Ville absorbe, tout comme lors des fêtes de Saint-Lazare en été. »

Le maire rappelle qu’un événement coûte toujours plus cher lors de sa première édition en raison des coûts de production de pamphlets, pancartes, bannières publicitaires, site web, et autre équipement qui seront réutilisés sans frais dans les éditions suivantes de l’événement.

Retombées économiques

Pour ce qui est des revenus engendrés par la Ville et ses commerçants, Marc-André Esculier sonne l’alarme. « Je me suis promené au parc Bédard pendant la fin de semaine. À ma grande déception, tous les kiosques de nourriture et de rafraîchissements provenaient de l’extérieur de Saint-Lazare. Les marchands locaux n’étaient pas représentés », souligne le Lazarois.

Quant à la tenue d’un festival d’une si grande envergure, Marc-André Escullier prétend que la Ville aurait dû consulter l’avis des citoyens. « Qui a dit que Saint-Lazare était une ville équestre? Oui, il y a des personnes qui pratiquent l’équitation, mais ce n’est pas une majorité. Selon moi, le maire a manqué à ses responsabilités envers la population et envers les commerçants », affirme le citoyen.

Pour sa part, le maire répond qu’il a approché les commerçants Lazarois, mais que ceux-ci n’ont pas voulu s’impliquer. « Ils ont préféré observer la première édition du festival avant de prendre une décision. Je ne peux pas les forcer. Nous avons tenu une soirée d’information en avril dernier. Les gens d’affaires et les citoyens étaient présents et bien au fait de la situation », rectifie Robert Grimaudo, ajoutant que le club équestre de Saint-Lazare compte plus de 1000 membres et que 200 kilomètres de sentiers équestres sillonnent la ville. « Si Saint-Lazare n’est pas une ville équestre, je ne sais pas ce qu’est une ville équestre », s’exclame-t-il.

Deux points de vue

En pleine période d’austérité, Québec a annoncé des coupures importantes aux Villes et Municipalités en début d’année. « Des services ont été coupés à Saint-Lazare, comme la collecte de feuilles du printemps et la réduction des subventions pour les jeunes pratiquant un sport. Planifier un événement d’un demi-million dans ces conditions est irresponsable », déplore Marc-André Esculier.

Néanmoins, le maire ne regrette pas un instant cet investissement. « La réalité, c’est qu’on se fait toujours critiquer, peu importe ce que l’on fait, et c’est correct, chacun a le droit de s’exprimer. Nous avons mis sur pied un événement incroyable, spectaculaire et très rassembleur. Ce n’est pas seulement la communauté équestre qui en a profité, mais toutes les jeunes familles de Saint-Lazare et d’ailleurs. C’est un héritage que nous laissons aux générations futures », conclut le maire Robert Grimaudo.

Lire la nouvelle Au galop : Les deux côtés de la médaille sur le site web VIVA média.


Cet avis de décès a originalement été publié sur ce site.

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