Un père dit un dernier au revoir à sa fille décédée

Pour un parent, la perte d’un enfant est un moment excessivement difficile. En ce temps de pandémie, de ne pas pouvoir organiser de funérailles n’était pas une option pour Richard Deschambault, père de Nancy Deschambault, décédée le 11 avril à la suite d’une crise d’épilepsie.

C’est au cimetière de Salaberry-de-Valleyfield le samedi 2 mai que Richard Deschambault a dit un dernier au revoir à sa fille de 41 ans. L’homme de 66 ans était seul face au prêtre Normand Bergeron. Certaines personnes auraient préféré attendre que les mesures de distanciation soient levées avant d’organiser les funérailles, mais pour M. Deschambault, ce n’était pas une possibilité.

« J’ai été élevé avec la mentalité que ça prend des funérailles après un décès, dit Richard Deschambault. Ça va m’aider à faire mon deuil. C’est excessivement difficile, mais c’est nécessaire. Je ne pouvais pas laisser partir ma fille de même sans rien faire. »

En temps normal, plusieurs personnes se seraient réunies autour de M. Deschambault. D’ailleurs, il a demandé à plusieurs personnes de ne pas se présenter au cimetière. « Il y a des règles à suivre à cause de la Covid-19, dit-il. Je remercie les gens d’avoir respecté la demande de ne pas venir. C’est évident que ce n’est pas facile pour notre famille. C’est contre nos habitudes. En temps normal, nous aurions été nombreux, mais là, ce n’est pas permis. »

Pas facile même pour un prêtre

C’est le prêtre Normand Bergeron qui a officialisé la cérémonie. L’homme de foi indique que plusieurs personnes endeuillées ont de la difficulté en ce moment.
« C’est une grande souffrance collective en ce moment, souligne M. Bergeron. La distanciation obligée, à cause de la Covid-19, fait en sorte que les repères que nous avons habituellement sont complètement défaits. Comment essayer de vivre un deuil alors que plusieurs personnes n’ont pas eu accès aux derniers moments de leurs proches. »

Prière solidarité et support mutuel sont des éléments qui aident une personne à faire son deuil selon le prêtre Normand Bergeron. En vivant confiné, les gens n’ont pas nécessairement les ressources nécessaires pour se confier.

« Pour les funérailles, depuis quelques années, il y a eu plusieurs transformations, mentionne M. Bergeron. Des personnes font tout au salon funéraire ou à l’église selon leur choix. Peu importe le choix, les gens ont besoin d’une étape où on laisse la personne à son dernier repos. »

M. Bergeron comprend très bien les sentiments qui habitent le père de Nancy Deschambault. « C’est difficile pour les gens de prendre la décision de reporter les funérailles. C’est d’accepter de rester des mois en attente. Le deuil a besoin de faire ses étapes. Comment c’est possible lorsque c’est reporté très loin? »

Lorsque les prêtres tiennent des célébrations à l’extérieur des lieux de culte, ils ne sont pas autorisés à tenir de célébrations eucharistiques. La cérémonie s’est donc déroulée avec un temps de paroles, des lectures, d’évangiles et la récitation de prières.

À la suite de ces étapes, Normand Bergeron a fait la bénédiction de l’urne et une prière avec le père de la défunte. « L’église essaie de s’ajuster. Le pape François nous demande de ne pas rester isolé comme prêtre. C’est-à-dire d’être là sensible aux appels et aux besoins des gens qui nous entourent. »

Avis de décès

À Salaberry-de-Valleyfield, le 11 avril 2020, à l’âge de 41 ans, est décédée Nancy Deschambault, fille de Richard Deschambault et feu Mme Claire Lefebvre.
Mme Deschambault laisse dans le deuil son conjoint Marc, sa fille Marie-Soleil, ses sœurs Julie (Patrick), Roxanne, son frère Kevin ainsi que famille et amis.

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